Post-Eire - célibat
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11 posts pour la cat�gorie 'célibat'

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Dimanche 20 Septembre

categories Les fruits de mer du bar PMU [19h42] Les fruits de mer du bar PMU

/images/etoilemer.pngLes années ont passé. Romain et François discutent au bar comme tous les mardis soirs après leur squash. Célibataires bientôt trentenaires, ils aiment se moquer de leur entourage avec machisme et mauvaise foie.

- Et là, elle me sort : "Si t'es aussi con pour ...

François s'arrête net. Tel un jeu, avec un léger rictus il fixe du regard quelque chose derrière l'épaule de Romain. Ce dernier se retourne et, sans surprise, croise le joli fessier d'une belle jeune femme, dont la démarche ne laisse aucun doute sur sa certitude d'être détaillée par tous les regards masculins de la terrasse.

- Laisse tomber, c'est une étoile de mer.

- Une étoile de mer ? Qu'est ce que c'est encore que cette connerie ?

- C'est le principal défaut des filles trop belles.

Romain détaille alors sa théorie. Fort de son expérience, il s'est rendu compte à quel point ces filles si certaines de leur pouvoir de séduction et de leur aura ne ressentent pas la nécessité de faire des efforts.

- Sérieusement, ça a souvent été mes pires coups ! Et depuis, je les surnomme les étoiles de mer pour illustrer leur passivité au pieu.

- Mouais, je suis sceptique. J'ai quand même croisé de belles plantes loin d'être ennuyeuse de ce coté là.

- Tu dis ça parce que t'as jamais essayé la coquille Saint-Jacques !

- Mon Dieu.

- Sans déconner, en soirée, mieux vaut viser la faire valoir complexée, que l'icône des magazines ; tu auras d'avantage de chance de passer un bon moment. Ces filles sans strass ni paillettes ont toujours besoin d'en faire des tonnes pour attirer l'attention et savent faire les efforts qu'il faut, crois moi !

- Alors là, je t'arrêtes, j'ai passé mes pires soirées avec des filles vraiment pas terribles et pas sûres d'elle.

- Ça c'est parce que tu confonds une coquille Saint-Jacques et un bigorneau.

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Mardi 19 Septembre

categories Le syndrôme de l'amphithéâtre. [21h24] Le syndrôme de l'amphithéâtre.

/images/orangina.pngElle lui fait un sourire, puis s'éloigne en direction des toilettes. Il la regarde marcher en compagnie de sa soi-disant meilleure amie, qui n'a pas dit un mot de toute la soirée. Son regard se pose sur les mouvements de ses fesses et de ses cuisses rebondies qui semblent bien à l'étroit dans ce jeans serré.

Ce court moment de solitude lui permet de prendre un peu de recul sur la soirée. Il regarde ses collègues de promo se dandiner sur la piste de dance à quelques mètres de lui. La bouteille de whisky qui lui a permis de rentrer dans la boite lui fait de l'œil. Il se ressert un verre en pensant qu'il a été bien con de flamber son fric pour impressionner les nanas qui le suivaient à l'entrée.

Manu se laisse aller sur la banquette que l'alcool rend confortable malgré les nombreuses traces de brûlure de cigarette qui la souillent. Il se met alors à repenser aux mois précédents, et notamment à la rentrée universitaire. Ce premier jour dans son école d'informatique, il avait fait l'inventaire des filles de la promo en balayant tous les rangs de l'amphi. "C'est pathétique cette année." avait-il soufflé à son voisin de banc. Entre les cheveux gras, les crises d'acné tardives, les cellulites disproportionnées et les lunettes triple-foyer, Manu se croyait à un casting pour le dernier spectacle des Deschiens.

Puis, au fil des semaines et des mois, ces visages disgracieux devenaient familiers, les formes s'affinaient psychologiquement, et la complicité naissait. Ainsi il fit de moins en moins la fine bouche, et commençait à sélectionner quelques proies potentielles, pourtant ignorées jusqu'alors. L'autre facteur déterminant se déclencha lorsqu'il s'aperçut qu'il ne semblait pas le seul à avoir ainsi élargit son seuil de tolérance, et il se surprit à la concurrence avec un bon paquet de la promo pour savoir qui allait s'asseoir à coté d'Elizabeth Legrand, pourtant sculptée dans une bouteille d'Orangina.

Quelque part, il avait gagné, car c'est bien elle qu'il venait d'embrasser avant qu'elle ne parte aux toilettes, mais d'un autre coté, il ne pouvait s'empêcher de comparer Elizabeth avec les autres inconnues de la soirée, et sa victoire devenait alors moins flagrante.

Manu haussa les épaules et essaya de se concentrer sur la suite de la soirée et sur l'endroit où il avait bien pu ranger ses préservatifs dans sa petite chambre universitaire où il comptait emmener Elizabeth.

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Mercredi 10 Mai

categories Tendre malentendu [19h49] Tendre malentendu

/images/robe.pngVirginie ouvre un œil. Elle met quelques secondes à réaliser qu'il est Dimanche, et que non elle n'ira pas travailler aujourd'hui.

Ses volets ne sont jamais fermés, elle adore être doucement réveillée par la lumière du jour. Il lui suffit de tourner la tête pour s'apercevoir que, comme prévu, le temps est maussade aujourd'hui. Mais ceci ne viendra pas perturber ses plans, non, elle se lève et se prépare un thé bien chaud pour se donner du courage.

Un peu plus d'une heure plus tard, après une douche et une longue hésitation devant sa garde robe afin de trouver la tenue offrant le meilleur rapport météo/jolie/envie, Virginie est dehors. La température est agréable, et elle ne regrette pas d'avoir finalement opté pour cette jolie robe rouge...

Elle arrive enfin au musée. Des semaines qu'elle voulait voir cette exposition temporaire, elle est presque fière d'elle d'avoir pu trouver le temps d'y aller.

Au hasard d'une salle, elle croise un couple, et constate vexée que la fille porte une robe identique à la sienne. Elle regrette d'avoir passé autant de temps pour si peu d'originalité.

Elle observe discrètement le couple avec jalousie. Lui a l'air si attentionné, ils discutent sur les œuvres, échangent leur point de vue, leur complicité ne fait aucun doute, alors qu'elle, elle est toute seule dans ce musée, sans personne pour l'accompagner. Tout en soupirant face à cette injustice, elle s'éclipse dans la salle suivante, essayant de balayer ces idées noires en se concentrant sur l'exposition.

Elle était en passe de réussir ce transfert lors, soudain, un bras vint glisser le long de sa taille. Elle ne sut pourquoi, mais elle comprit tout de suite ce qu'il se passait. Elle ferma les yeux. Deux mains se posaient maintenant sur ses hanches. La nonchalance de ce contact la fit frissonner de plaisir car il y avait dans ces gestes quelque chose de tendre et de machinal qui ne peut se construire qu'après de longues années de vie commune. Les mains venaient maintenant de se rejoindre sur son ventre lorsqu'elle sentit la chaleur de tout un corps se rapprocher d'elle. Puis vint ce baiser, à vrai dire incomplet, juste un début d'esquisse de baiser sur le sommet de son crâne, à la racine de ses cheveux, mais qui lui parcouru l'échine.

Tout c'était passé très vite, une seconde tout au plus, mais juste au moment de l'accomplissement de ce baiser, le corps derrière elle sursauta. Elle ressentit le relâchement brusque de l'étreinte comme un déchirement.

- "Excusez-moi, je suis désolé", balbutia le jeune homme troublé.

- "Ce n'est rien", lui répondit Virginie, sans doute avec un sourire niais.

Il partit gêné rejoindre la réelle destinatrice de cet acte de tendresse dans la salle d'à coté.

Virginie resta un moment là, sans bouger, ne sachant pas trop quoi faire, et dans l’impossibilité de se concentrer à présent sur ce qu’elle était en train de lire. Elle se dirigea donc vers la sortie, en se sentant si stupide d'être à ce point perturbée par un acte anodin.

En partant elle recroisa le couple. L'homme lui adressa un regard discret et embarrassé. Elle rentra chez elle, se jeta sur le canapé, et sans trop savoir pourquoi, se mit à pleurer.

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Vendredi 28 Octobre

categories Fainéantise sentimentale. [13h58] Fainéantise sentimentale.

/images/sensualite.pngIl ne sait pas vraiment pourquoi il a répondu à son invitation. Il sait bien au fond de lui qu'il n'y a rien d'anodin dans cette visite, ils sont tous les deux célibataires, l'ambiguïté est certaine. Une partie de lui sait ce qu'il va se passer, l'autre en a peur et lui retourne le bide.

Il sent qu'il vieilli. Il a de plus en plus de mal à détacher le sexe des sentiments. 'Un comble pour un mec' dit la société, mais c'est un fait. Fini les parties de jambes en l'air sans lendemain, les nuits 'sans engagement' il n'y croit plus. Pour lui ce sont des leurres, puisque la boule dans le ventre est bien réelle dans la gestion de 'l'après', voir même, comme bien trop souvent, quand il ne s'agit pas de jalousie ou de possessivité.

Plus rien n'est neutre, l'adolescence est terminée, ses partenaires ont leur vie, leurs expériences, un contexte a prendre en compte et sur lequel il a un impact. Il ne peut plus se permettre de repartir comme il est venu, il n'a plus envie de jouer, il veut échanger. Plus rien n'est anodin.

Il arrive chez elle. La soirée se passe bien, et la complicité s'installe peu à peu. Il s'avance petit à petit au pied du mur comme si c'était écrit, comme il le savait depuis le début, pas de surprise. Elle est belle, elle sent bon, mais il ne peut pas. Pas ce soir. "Je ne suis pas prêt" lui susurre-t-il à l'oreille. Elle a ce sourire de la déception fataliste. Elle se blottit contre lui. "C'est pas grave".

Il est bien, et c'est bien là tout le problème. Il est tellement bien avec elle qu'il n'a pas besoin de lui faire l'amour pour l'être d'avantage. Une nuit contre elle est beaucoup plus cher à ses yeux qu'une nuit d'amour.

Il espère qu'elle le comprend.

[Ce post est inspiré des superbes planches de Laurel.]

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Mercredi 12 Octobre

categories Vade retro célibat [15h06] Vade retro célibat

/images/shield.pngUn célibataire se doit de ne pas être désespéré. Si vous lui posez la question, il se doit de répondre "Oui, mais ça va hein, je cherche personne, je suis bien comme ça". Il y a trois avantages à essayer de s'en convaincre :

Eviter les cas sociaux. Faire comprendre qu’il lui reste un minimum de dignité et que non, il ne va pas sauter sur le premier truc qui bouge. Et surtout pas Gérard ou Ginette, qui n’attendent que ça.

Garder l’air détaché. Ne pas paraître une proie facile, mettre de la distance avec les autres afin de laisser croire au challenge. Il semblerait que le désespoir fasse fuir. Alors pour conserver un tant soit peu de vie sociale, de sorties, d’amis, il doit garder un peu de confiance en lui sous le coude.

Faire de l’auto-persuasion. Puisqu’il faut bien continuer à vivre et se lever tous les matins, autant se persuader que la vie n’est pas si mal tout seul, et qu’en fait il est bien comme ça.

Soit. On a donc les trois couches de la coquille du célibataire. Celle qu’il faut sortir publiquement, à chaque occasion, tel un bouclier contre les autres.

Mais si on gratte un peu, y’a quoi dessous ?

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Jeudi 06 Octobre

categories Ce qu'on ne trouve pas sur XXL. [08h26] Ce qu'on ne trouve pas sur XXL.

/images/cou.pngOn résume souvent à tort la frustration du célibataire à une frustration purement sexuelle. Mais on ne parle pas des batailles de chatouilles le dimanche matin sur le lit, des fous rires sous la douche, des heures à refaire le monde, d'une tête sur l'épaule, des larmes de crocodile, des regards qui troublent, des odeurs juste là dans le creu du cou, des mains qui serrent fort devant le thriller du vendredi soir, des bouderies pour mieux se réconcilier, des mains dans les cheveux, de celui qui arrivera le premier au bout de la rue, du parapluie trop petit pour protéger de l'averse, et de tous ces petits gestes qu'on remarque à peine.

Sauf quand ils ne sont plus là.

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Jeudi 22 Septembre

categories À part ça, ça va. [19h20] À part ça, ça va.

/images/oreos.pngAvant quand je rentrais le soir, j'appréhendais de trouver ma porte ouverte et mon appartement retourné.
Maintenant, quand je rentre le soir, j'espère que quelque chose aura bougé preuve d'une autre vie que la mienne dans ces murs.

Avant je râlais parce qu'on avait mangé toute ma glace Häagen-Dazs aux oréos.
Maintenant, je sors machinalement et inutilement deux cuillères en même temps que le pot.

Avant il arrivais parfois que ça sente le café et le pain grillé le matin.
Maintenant il arrive souvent que ça sent la fumée de cigarette froide de la soirée de la veille.

Avant je frissonnais quand elle plantait ses deux pieds nus glacés entre mes cuisses dès que je rentrais dans le lit.
Maintenant mon bras cherche à l'aveuglette pendant mon sommeil quelqu'un à réchauffer à coté de moi.

Mais tout ça n'est rien par rapport à l'ultime avantage du quotidien : Je me baisse vachement moins souvent pour relever la cuvette des WC !

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Mercredi 21 Septembre

categories Oeuf givré. [00h01] Oeuf givré.

/images/oeuf.pngJ'ai une crainte dans ma vie, c'est de me laisser enfermer à mon propre piège. Bloqué dans la cage que je me suis construite. Je ne sais pas s'il existe des gens qui peuvent supporter la solitude à long terme sereinement, mais ce dont je suis sûr c'est que je ne suis absolument pas fait pour ça.

J'ai besoin de vivre, de courir, de pédaler, de voyager, de parler, de rencontrer, d'observer, de partager, de toucher, de sentir, de caresser, de goûter, de douter, de penser, d'agir, d'être et d'avoir. J'ai besoin de tout ça, mais les rails sur lesquelles je suis posé ne me permettent pas toujours de le faire dans les mêmes proportions que je le voudrais.

Je ne peux plus rester seul dans mon appartement, au risque de m'y perdre et de trop penser. La solitude fait penser et se poser des questions qu'on ne voudrait pas se poser. J'ai besoin de voir du monde tel un leurre sur ma propre existence. Alors j'appelle, je vois, je rencontre, je parle, je partage mais pas autant que j'ai à donner.

Alors le reste, cette énergie non dépensée vers l'extérieur se retourne contre moi le soir, seul dans ce lit que personne n'a pu réchauffer et sans personne à réchauffer. Ce rabe, ce surplus alimente cette petite boule d'interrogation, ces envies de tour du monde et cette vie d'excès. La pellicule solide de la raison retient pour l'instant le liquide fluorescent de la folie douce.

Mais au bruit, j’ai l’impression qu’elle se fend…

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Mercredi 08 Juin

categories Chassé-croisé. [16h05] Chassé-croisé.

/images/couple.jpgLorsque je n'étais encore qu'au coeur de mon ingrate adolescence, j'avais beaucoup de mépris pour ces types de presque 25 ans qui attendaient dans leur belle BMW les nanas les plus sexy du lycée. Elles pavanaient en montant dans la voiture, en ayant pris soin de mettre en valeur leur corps de femme tout neuf. Elles avaient ce petit air paradoxal des filles qui sont encore surprises des formes que leur adolescence leur a modelées, tout en surjouant leur fierté et leur maturité.

On avait beau essayer de se persuader, avec beaucoup de mauvaise foi, que ces filles n'étaient pas les plus malignes du lycée, et que de toute façon, même le plus beau gosse d'entre nous (même redoublant) n'aurait rien pu faire du simple fait qu'il était encore au lycée, ça mettait un coup à notre orgueil. On avait l'impression de se faire piquer des poules du poulailler.

Personnellement, j'ajoutais que ces types devaient vraiment être des loosers pour se rabaisser à faire la sortie des lycées pour pouvoir tirer leur coup. En toute logique la pyramide des âges leurs laissait suffisamment de chance auprés des filles de leur génération sans qu'ils aient besoin de taper dans nos plate-bandes. Sans compter que les mannequins de 25 ans n'étaient pas nombreuses à venir chercher des lycéens boutonneux en décapotable. Il y avait donc là un déséquilibre flagrant.

Depuis cette époque, j'ai pris quelques années, et mon quart de siècle arrive à grands pas. Ma position n'a pas radicalement changée, mais j'accorde aux chasseurs de pucelles de ma génération d'avantage de circontances atténuantes. La première est que, avant qu'elles n'ouvrent la bouche, il tient parfois du challenge de différencier une fille de 17 ans d'une femme de 23, surtout à une soirée avec beaucoup de bruit et d'alcool. Ensuite, il faut avouer que, passé 23-24 ans, le couple devient rapidement le standard majoritaire, et qu'il est moins évident de croiser des célibataires du même âge à tous les coins de rues. Enfin, et surtout, sans vouloir paraître désobligeant, la tirade du dragueur baratineur a beaucoup plus de succès auprès des naïves adolescentes qu'auprès des baroudeuses jeunes femmes, passée depuis longtemps sur la défensive.

Pour toutes ces raisons, quand, au hasard d'une soirée, je croise un ami proche ou même une connaissance lointaine accompagné d'une partenaire de jeu de plusieurs années sa cadette, je ne suis plus méprisant, j'ai simplement une pensée pour les camarades de lycée de la jeune fille...

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Mardi 19 Avril

categories Rituel quotidien. [22h27] Rituel quotidien.

/images/keys.jpgQuelques dizaines de mètres avant d'arriver, je sors déjà mes clefs, comme si cet acte allait me rapprocher un peu plus rapidement de ma destination. Lourde porte vitrée, boîte aux lettres, ascenseur, palier, porte d'entrée.

L'odeur habituelle et rassurante de l'appartement m'envahit. Je déverse porte-feuille, papiers et petite monnaie sur la table du salon. Elle est là, tassée sur le canapé, genoux repliés, serrés contre sa poitrine, soufflant sur sa tasse de thé bien calée entre ses mains, comme si ce recipient avait été modelé pour occuper exactement l'espace restant entre son menton et ses cuisses. Le fait qu'elle soit toujours en robe de chambre alors qu'il est 19 heures passé, m'indique clairement qu'elle ne se doute même pas de la température extérieure.

Son regard est fixé sur la télé, pas même une pupille dans ma direction, c'est desormais évident. Elle fait la gueule.

Sans grande conviction, je passe alors rapidement en revue les éléments en ma possession afin de trouver l'objet du délit. En vain, naturellement.

J'ose alors une approche et m'avance alors, faussant le naturel :

- Bonsoir !

- Bonsoir ...

Ok, la messe est dite, il y a un abcès à vider ce soir.

- Ca va ?

- Ca va ...

Bon. Le signal est clair. Feinter l'ignorance maintenant serait jubilatoire pour l'orgueil mais inutile dans l'objectif de sauver la soirée. Il s'avère cependant que je n'ai jamais aimé joué à ce jeu très féminin du "Je-fais-la-gueule, -si-tu-sais-pas-pourquoi-t'as-qu'à-chercher, -parce-que-pour-moi-c'est-évident, -mais-j'ai-pas-envie-de-te-le-dire".

Je dresse tout d'abord le tableau de sa journée. Seule dans l'appartement à réviser, il semble évident qu'elle a mariné un truc pas net. Tout juste si elle ne m'en a pas voulu pour le simple fait que je sois sorti alors qu'elle restait à la maison. Comme si passer 8 heures de ma journée devant un écran à tenter de maîtriser un client en ébulition me réjouïssait. Il semble pourtant clair que n'importe quel pretexte a dû faire l'affaire aujourd'hui : Promesse de coup de fil non tenue, cafetière pas nettoyée ce matin, lunette des WC non rabattue ou simplement une de mes phrases de la veille sortie du contexte et remodelée afin de la transformer en motif valable.

J'abandonne avant même d'avoir commencé et tente lâchement une approche crapuleuse de rafale de chatouilles. Echec total, griffure, et pire un "Arrêtes, tu me fais mal !" on ne peut plus clair.

S'en suit alors une bonne demie heure de gentillesses et courbettes en tout genre tentant ainsi de me rattraper d'une faute que j'ignore. Travail de fond ayant comme résultat un sourire à demi-effacé, mais un sourire quand même.

Je m'enfonce alors dans la brèche en brodant quelques ragots du boulot et du voisinage, appuyant ainsi sur le point faible du commérage qui s'avére très efficace.

Après quelques rires de moins en moins esquissés, je tente la touche de tendresse en reposant ma tête sur ses jambes maintenant détendues. Mais elle me repousse, se relève brusquement, se tint entre la télé et moi, immobile, me fixant droit dans les yeux avec ce regard de chipie qui ne s'est pas assez défoulée aujourd'hui. Elle sourit, fait mine de partir et au dernier moment, relève sa robe de chambre, dévoilant ainsi l'espace d'une seconde, une paire de fesses nues, puis court vers la chambre en riant...

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Ce soir, rien de tout ça. Je rentre dans un appartement vide, personne pour m'attendre, et tous les objets que j'avais disposés ça et là dans l'espoir de les voir se ranger tout seul pendant mon absence sont restés désespérement immobiles.

Aucune surprise, aucun signe, juste quelques lignes pour tenter de décrire ce qu'une soirée idéale peut avoir de banal lorsqu'on la vit au présent...



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Samedi 28 Février

categories Os court, os court ! Il manque ... [14h36] Os court, os court ! Il manque ...

/images/desir.jpgLes pupilles sont dilatées, les mains fébriles, les nuits agitées. La frustration du célibat se fait sentir parmis les Erasmus.

Alors que beaucoup de couples se forment et se déforment dans cet immense melting-pot que créent les nombreuses soirées, certains restent en marge. Volontairement ou invonlontairement.

L'envie de s'abandonner, de se livrer, d'avoir quelqu'un sur qui se reposer devient pressante. Ainsi, les prises de courage tardives des derniers mois, à l'arrivée de l'échéance du départ, devraient voir arriver leurs lots de couples tant attendus.

De là à faire le parallèle avec l'isolement des militaires, il n'y a qu'un pas. Mais heureusement, le sentiment de frustration sexuelle n'est pas aussi violent ici.

Quoique...

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